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Hector Berlioz

1803-1869 - Compositeur français

Hector Berlioz est un compositeur et chef-d’orchestre français du 19e siècle. Membre du mouvement romantique, il a lancé le genre de la symphonie dramatique.

Musicien sur le tard

Hector Berlioz, fils de médecin, est d’abord destiné à reprendre le poste de son père. La musique fait donc partie de son éducation au même titre que le latin ou la géographie. Jouant de la flute et de la guitare, il s’intéresse aussi à l’harmonie en lisant Rameau et en étudiant les symphonies d’Haydn.

En 1821 il quitte son Isère natale pour rejoindre Paris et entrer à l’école de Médecine. La vie parisienne lui permet de découvrir l’opéra et surtout les œuvres de Christoph Gluck et de Carl Weber qui seront une grande inspiration. Décidé à devenir musicien et s’opposant à sa famille, il entre au conservatoire en 1823. Il compose beaucoup (messes, cantates) dont ses premiers opéras qui subissent refus sur refus.

« Je jurai, en sortant de l’Opéra, que, malgré père mère, oncles, tantes, grands-parents et amis, je serais musicien. » — Mémoires, 1870

Difficile Premier prix de Rome

Pour prouver à tous (et surtout à sa famille) ce qu’il vaut, il tente de gagner le Prix de Rome. Faisant déjà preuve d’une grande liberté créatrice il échoue quatre fois avant d’obtenir le premier Grand prix en 1830 en se pliant cette fois-ci aux règles.

L’année 1830 est cruciale pour Berlioz. En plus de cette victoire, il compose et présente sa première grande œuvre : La Symphonie Fantastique, fortement inspirée par Beethoven et Goethe (dont le Faust a été traduit 2 ans auparavant par Gérard de Nerval). Franz Liszt assiste à la première et une longue amitié nait entre les deux musiciens.

Vainqueur du prix de Rome, il doit partir pour un séjour de deux ans en Italie même s’il ne veut pas quitter Paris. Désespoir amoureux, ennui, Berlioz en profite quand même pour visiter, s’imprégner de culture italienne et faire des rencontres, notamment Felix Mendelssohn.

Une vie parisienne en demi-teinte

A son retour à Paris en 1832, il refait jouer sa Symphonie Fantastique, concert auquel assiste Liszt mais aussi Frédéric Chopin, Victor Hugo ou encore Alfred de Vigny qui deviendra vite un ami proche. C’est aussi l’occasion pour lui de rencontrer enfin l’actrice Harriet Smithson dont il était tombé amoureux en arrivant à Paris. Ils se marient l’année suivante.

Vivant difficilement de sa musique, il devient critique musicale pour différents journaux, travail qu’il va faire pendant 30 ans et qui lui prend beaucoup de temps. Il ne s’arrête toutefois pas de composer et, en 1834, termine la symphonie Harold en Italie, commandée par le violoniste Paganini et mixant ses passions pour l’Angleterre et la culture italienne.

Berlioz échoue une nouvelle fois à l’Opéra avec Benvenuto Cellini et décide de revenir à la symphonie dramatique en composant Roméo et Juliette en 1839. C’est un nouveau succès et inspire beaucoup Richard Wagner venu assister à une représentation.

Un musicien européen

Malgré ses quelques succès, l’élite parisienne ne le considère toujours pas assez bon pour l’Opéra et sa relation avec Harriet se dégradant de plus en plus, il décide de quitter Paris pour l’Allemagne en 1842. Il y fait une grande tournée de concerts (15 en 5 mois à peine) et renoue avec ses amitiés allemandes (Wagner, Mendelssohn, Schumann).

Ces succès le poussent à continuer son tour d’Europe avec des concerts à Vienne, Prague et Budapest où il est toujours acclamé. Pris dans l’ambiance allemande, il décide de composer un nouvel opéra inspiré de Goethe : La Damnation de Faust. Il le présente à ses frais à son retour à Paris en 1846 et subit un nouvel échec qui le ruine autant financièrement que moralement.

Sur les conseils de Balzac, il part alors en Russie et où il enchaine cette fois les succès et rencontre la Princesse Sayn-Wittgestein, future compagne de Liszt et qui devient une de ses grandes amies. Sur ses conseils, Berlioz se lance dans la composition de ce qu’il considère l’œuvre de sa vie : Les Troyens qu’il termine en 1858.

Ce n’est qu’en 1863 que l’opéra est joué pour la première fois, dans une version considérablement réduite et découpée pour être joué dans la petite salle du Théâtre-Lyrique. Malgré un relatif succès, Berlioz ne se remet pas de la destruction de son œuvre. Hormis ses Mémoires, il n’écrira plus, ni comme journaliste ni comme musicien. Après une dernière tournée à Vienne (1865) puis en Russie (1868), Hector Berlioz meurt à Paris en 1869.